La FNME‑CGT réagit à la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3) 2025‑2035, jugée importante mais adoptée sans débat parlementaire, ce qui soulève de fortes critiques tant sur la méthode que sur le fond.
1. Une planification énergétique jugée insuffisante
- La FNME‑CGT regrette l’absence de débat démocratique alors que le secteur énergétique traverse une période de fragilité.
- Elle appelle à une vision stratégique publique, indispensable pour garantir sécurité d’approvisionnement, accessibilité de l’énergie, décarbonation et justice sociale.
- L’énergie doit être considérée comme un bien de première nécessité, hors des logiques de marché.
2. Des coûts comparés de manière trompeuse
- La PPE3 met en avant un coût faible pour solaire/éolien mais oublie :
- les coûts d’intermittence, stockage, renforcement des réseaux.
- À l’inverse, les coûts du nucléaire incluent toute la chaîne, créant une comparaison biaisée.
- La CGT demande une analyse en coût complet du système, toutes filières confondues.
3. Réseaux électriques sous-estimés
- Les investissements nécessaires dans les réseaux (transport, distribution, flexibilité, interconnexions) sont massifs et mal évalués.
- De nombreuses régions subissent déjà des difficultés de raccordement.
- La CGT alerte sur le risque d’une PPE « intermittente et aléatoire » si les renouvelables ne sont pas intégrés avec une vision réseau cohérente.
- Nécessité de limiter la part d’ENR fatales pour préserver la pilotabilité du système.
4. Le gaz : une stratégie floue
- Manque d’ambition sur les gaz renouvelables et bas-carbone (pyrogazéification, power‑to‑gaz…).
- Le réseau gazier doit être maintenu et transformé, pas abandonné :
- rôle clé pour le stockage saisonnier,
- soutien à l’hydrogène et au e‑méthane,
- préservation des emplois et compétences.
- La CGT exige une clarification des capacités futures et de la trajectoire de transition.
5. Sobriété vs efficacité
- La baisse de consommation de 12 % est due à une sobriété contrainte, liée aux prix élevés.
- Cette sobriété subie a provoqué :
- arrêts industriels,
- difficultés pour les collectivités,
- hausse de la précarité.
- La CGT défend plutôt une efficacité énergétique accompagnée : tarifs régulés, aides publiques, factures lisibles.
6. Le cadre européen jugé dangereux
- Le projet de paquet européen sur les réseaux pourrait faire perdre à la France le contrôle stratégique de son système énergétique.
- La CGT dénonce une libéralisation qui a échoué, provoquant des prix déconnectés des coûts réels.
- Elle plaide pour sortir l’énergie des marchés tout en gardant la solidarité via les interconnexions.
7. Rejet des “fausses solutions nationalistes”
- La CGT critique fermement les propositions du Rassemblement National sur l'énergie, jugées :
- simplistes,
- compatibles avec les logiques de marché,
- sans réelle vision pour le service public.
8. Position finale de la FNME‑CGT
La fédération revendique :
- une maîtrise publique intégrale du secteur énergétique,
- des nationalisations nouvelles,
- une planification démocratique,
- un service public fort pour réussir la transition énergétique dans la justice sociale.






